Aataenstic : femme légendaire et fondatrice du peuple huron

février 03, 2021 5 min de lecture

Portait d'une femme légendaire composé de plantes.



La légende d'Aataentsic, nous conte l’histoire d’une femme qui tomba du ciel pour apporter avec elles des savoir alors inconnus aux hommes.

Il s’agit donc là d’un mythe fondateur qui nous explique en quelque sorte comment la civilisation fut créée.

Plus que de simplement nous expliquer une vision de notre monde, la légende d'Aataentsic nous apprend en réalité de précieuses informations sur le peuple par lequel elle fut créée : les Hurons.

Associée à la vie, à la création et à tous ce qu’il y a de féminin dans notre monde, celle que de nombreux peuples amérindiens surnomment encore la mère de l’humanité a de quoi nous surprendre.

 

Table des matières :

 

 

Image d'une femme tenant le monde qu'elle a créé entre ses mains.

Aataenstic et la légende de la création du monde

Selon l’histoire originelle des Hurons, Aataentsic est le nom d’une femme qui habitait dans le ciel il y longtemps de cela, dans une sorte de paradis où la nature et les arbres étaient roi.

 

Malheur et prémonition

Vivant là avec son mari, le malheur vint un jour frapper à la porte de notre couple, et l’homme d’ Aataenstic tomba gravement malade.

C’est alors qu’elle fit un rêve où elle vit la sève miraculeuse d’un arbre soigné son cher et tendre.

La jeune femme partit alors avec sa hache en quête de ce remède.

Après plusieurs heures de marche, elle arriva près d’un arbre qui lui semblait être celui de son rêve.

Sans hésiter, elle mit un coup dedans pour le fendre…

 

La chute d’Aataenstic sur terre

Aussitôt abattu, l’arbre tomba des nuages pour atterrir sur notre monde terrestre. Ne voulant pas abandonner, Aataenstic se mit à sa poursuite et sauta elle aussi.

Alors qu’elle chutait, une tortue la vit descendre peu à peu vers la terre.

Comprenant qu’elle ne saurait nager, elle demande à tous les animaux marins du monde de faire remonter du sables à la surface afin de créer une sorte de lit sur lequel la jeune Aataenstic saurait atterrir sans se blesser.

Peu de temps après avoir touché le sol, la femme venue du ciel donna naissance à deux fils jumeaux, Iouskeha et Tawiscaron.

 

Deux frères bien différents

Iouskeha était un être de bien et, lorsqu’il rencontra l’humanité, il décida de leur apporter son aide.

Il apprit ainsi à certains d’entre eux l’art de la chasse, de l’agriculture et la maitrise du feu. Ces hommes, vous devez vous en douter, formèrent la première tribu des Hurons.

Son frère Tawiscaron, lui, n'était aussi pas favorable aux humains et chercha à les diviser, créant ainsi les rivières, mers et montagnes qui séparent les peuples.

Lorsque les deux jumeaux grandirent, ils se battirent dans un terrible combat et, victorieux, Iousheka chassa son frère et retourna vivre avec sa mère Aataenstic dans un cabane perdue dans la foret du Nord de l’Amérique.

La légende raconte que, si vous les croiser au cours d’une de vos balades, ces deux personnages venus d’ailleurs pourront soigner n’importe laquelle de vos maladies grâce à la sève de l’arbre que suivit Aataenstic, et même vous faire rajeunir de plusieurs dizaines d’années.

 

 

Peinture représentant un Huron sur son cheval.

Qui sont les Hurons ?

Les Hurons, également connus sous les noms de Wendat ou de Wyandot, forment une nation amérindienne parmi les plus célèbres.

Habitant autrefois le long du fleuve Saint-Laurent, dans l’actuel Canada, c’est l'explorateur français Jacques Cartier qui les rencontra en premier en 1534.

C’est d’ailleurs lui qui leur donna le nom d’Hurons. En vieux français de l’époque, le mot « hure » désignait en fait les sangliers. Le terme « Hurons » faisait ainsi sans doute référence à la coiffure caractéristiques de ce peuples, leur cheveux étant hérissés comme les poils d’un sanglier.

L’un des éléments pour lesquels les Hurons sont les plus célèbre en Europe est sans doute leur lien avec le commerce de fourrures.

Samuel de Champlain, le célèbre fondateur des colonies de la Nouvelle-France, développa en effet d’étroites relations commerciales avec les Hurons, qui échangeait volontiers les peaux qu’ils récoltaient contre des produits manufacturés qui traversaient l’Atlantique.

Ces échanges permirent notamment aux missionnaires chrétiens d’entretenir des relations privilégies avec ce peuple amérindien, qui se convertit peu à peu au Christianisme au cours du 17ème siècle.

Un autre élément à savoir au sujet des Hurons est le côté particulièrement tragique de leur histoire.

En guerre contre les Iroquois, l’une des nation amérindienne les plus puissantes de l’époque, une série de conflits amena peu à peu les Hurons à subir un véritable génocide.

Commerçant pour leur part avec les marchands hollandais, les Iroquois mirent la main sur des armes à feu qui leur donnèrent un avantage décisifs et leurs permirent de commettre de terribles massacres chez leurs ennemis.

D’une de cultures les plus influentes de l’actuelle Canada, les descendants des Hurons ne sont ainsi aujourd’hui plus que quelques milliers.

Si les cultures amérindiennes et leur histoire vous intéresse vous aussi, jetez donc à œil à ces quelques bijoux et porte-bonheurs qui, étant issus de cette civilisation, pourront vous en apprendre plus dessus.

 

 

Cabane d'un village amérindien, dans l'actuel Canada.

Les enseignements que porte cette légende

La légende d’Aataentsic possède en elle de nombreux messages.

L’un des principaux est sans doute celui de la séparation traditionnelle des tâche entre les hommes et les femmes dans la culture amérindienne.

Alors qu’ Aataentsic nous est présenté comme une mère qui, lorsque ses enfants devinrent adultes, se mit plutôt à occuper une fonction de guérisseuse, ses fils, eux, ont des attributions bien plus masculines.

Iouskeha en effet enseigne à l’humanité les techniques de la chasse et de l’agriculture.

Son frère Tawiscaron, pour sa part, représentait plutôt une force destructrice lié aux combats et à la guerre.

Tout cela nous apprend que dans la société huronne, les hommes étaient à la foi des producteurs, qui devaient assurer l’approvisionnement en nourriture de la tribu, mais également des guerriers, qui devaient la protéger des dangers.

L’autre élément fondamental de la légende d’Aataentsic est l’allégorie de la hutte cachée dans la forêt où vivraient des êtres capables de guérir n’importe quel maladie.

Très semblables à d’autres mythes, comme par exemple celui de la fontaine de jouvence, nous voyons le lien étroit qu’entretenaient les Hurons avec la nature : pour eux, le cœur de la foret renfermait de quoi soigner chaque maux qui pouvait toucher les hommes.

 

 

Femme qui réfléchit et tire des conclusions, face à un plan d'eau.

Conclusion

La légende amérindienne que nous venons de découvrir ensemble porte décidément des messages étonnants.

Il y en a sans doute d’autres que nous pouvons découvrir si nous y réfléchissons bien.

Si d’ailleurs vous avez des idées à ce sujet que vous aimeriez partager avec nous, la section commentaire vous est ouverte.

À ce titre, un historien spécialisé dans les peuples amérindiens à publier un bouquin parlant d’Aataenstic et de son lien avec les Hurons. Ce livre est souvent cité comme une référence, n’hésitez donc pas à le parcourir pour en apprendre plus sur notre sujet.

En tout cas, pour ma part, je vous dis à bientôt pour un prochain article de blog.

D’ici là, portez bous bien et prenez soin de vous.

 

 

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