Avalokiteshvara : découverte du bodhisattva de la compassion

janvier 14, 2021 6 min de lecture

Avalokiteshvara : découverte du bodhisattva de la compassion | Cyril Gendarme



L’Avalokiteshvara est ce que nous appelons un bodhisattva, c’est-à-dire un individu ayant atteint l’état d’illumination.

Figure mythologique pour certains et personnage historique pour d’autres, ce sont en tout des dizaines de peuples et de cultures différent qui vénèrent l’Avalokiteshvara.

Une fois traduit en sanskrit (la langue ancestrale de l’Inde), son nom signifie « le seigneur qui regarde depuis le haut ».

Comme nous le verrons ensemble dans cet article, nous parlons en effet ici d’une figure supérieure qui aide et guide les hommes depuis un point supérieur.

Plus précisément, nous pouvons avec lui parler de soutien et de protection. Avalokiteshvara est en effet connu pour être le « Bouddha de la compassion », celui qui écoute le plus les plaintes des hommes et qui travaillent à réduire nos souffrances.

Face à une figure aussi bienveillante, il est difficile de rester de marbre, ça c’est clair !

En tout cas, une chose est sûre : nous parlons ici d’une divinité positive qui porte des messages intéressants à comprendre.

C’est d’ailleurs précisons que nous allons tâcher de faire maintenant ensemble.

 

Table des matières :

 

 

Deux statues du Bouddha et un thangka bouddhiste venu d'Asie

Introduction : c’est quoi un bodhisattva ?

D’un point de vue linguistique, le mot « bodhisattva » est formé des deux racines bodhi (l’éveil spirituel, l’illumination, la grâce) et sattva (ce qui est, l’essence, le principe).

Un bodhisattva est ainsi un être qui représente l’essence de l’éveil spirituel.

Cette qualité s’acquiert le plus souvent suite à une illumination et à l’accession à des sphères de consciences auxquels l’humain moyen n’a pas accès. (Ce concept issu des philosophies orientales est assez intéressant, mais ne constitue par le sujet du jour. Pour en apprendre plus, voici quelques informations complémentaires dessus.)

Une autre caractéristique de ces êtres, et ce qui les différencient en réalité des autres illuminés, est le choix qu’ils ont fait de rester dans notre monde.

Lorsque que quelqu’un atteint la fin de son cheminement spirituel, un choix s’imposerait alors à lui : disparaitre dans l’univers ou rester sur terre pour aider les autres âmes.

Alors que des personnages comme le Bouddha Shakyamuni ou le Bouddha Siddhartha ont transmis leurs enseignements mystiques aux hommes, oui, mais ne sont pas rester dans notre monde depuis lors, les boddhisattvas, eux, ont fait le second choix.

À ce titre, l’Avalokiteshvara est sans doute le plus emblématique (et c’est d’ailleurs pour cela que nous vous en parlons aujourd’hui).

Une branche de l’Hindouisme à côté de laquelle nous ne pouvions pas passer en parlant des bodhisattvas est celle que nous appelons « l’école Mahayana ».

Les fidèles à cette religion considèrent en effet que chaque être illuminé a quelque chose d’unique à leur apporter, et ne font donc pas de distinctions ou de classifications entre eux.

Concrètement, les temples Mahayana sont décorés des dizaines de sculptures et de statues porte-bonheurs représentant les différents boddhisattvas.

Selon cette doctrine, ces personnages pourraient nous servir d’aide, de guide spirituel ou encore venir d’eux-mêmes au secours de ceux qui souffrent.

En tout cas, une chose est sûre : l’Hindouisme est une religion riche qui a énormément à nous apprendre.

D’ailleurs, ce n’est pas sans raison si notre collection consacrée à cette religion (qui voici) est si appréciée !

 

 

Statue colorée de l'Avalokiteshvara avec ses onze têtes et ses milles bras.

Représentation de l’Avalokiteshvara

En tant que boddhistava de la compassion, l’Avalokiteshvara a donc connu l’illumination mais, par volonté d’aider ses semblables, a décidé de rester sur terre afin de nous pousser sur la même voie que lui.

Tout cela nous en apprend plus sur son sens, oui, mais pas vraiment sur la façon dont nous pouvons nous le représenter.

C’est précisément de ce sujet que nous allons traiter maintenant.

Comme nous vous l’avons dit précédemment, le nom « Avalokiteshvara » peut se traduire par « le seigneur qui regarde depuis le haut ».

Sans trop de surprise, de nombreuses représentation de ce personnage nous le montrent donc regardant le vers bas.

Une autre de ses caractéristiques majeures est la présence d’un lotus géant sur lequel il est parfois assis. Cette fleur est en réalité un symbole indien lié à la sagesse.

L’une des toutes premières traces écrites parlant de l’Avalokiteshvara se trouve d’ailleurs dans manuscrit connu sous le nom du « Sutra du Lotus ».

Sans que nous ne sachions expliquer pourquoi (sans doute y a-t-il une raison, mais nous ne la connaissons pas et ne voudrions pas vous induire en erreur), le boddhisattva de la compassion est très souvent représenté avec onze têtes et « mille bras ». (Forcément, il n’y en a pas autant sur une statue, ce nombre sert juste à décrire un caractère indénombrable.)

En tout et pour tout, l’Avalokiteshvara traditionnel peut prendre trente-trois formes distinctes répertoriées dans la tradition ésotérique indienne.

Toutefois, au cours des siècles et à mesure qu’il gagnait en popularité en Asie, de nombreuses variantes de notre bodhisattva furent crées, allant même jusqu’à lui faire changer de nom… et de sexe !

Mais tout cela, nous en parlerons dans le paragraphe qui suit.

 

 

Statues chinoises en pierre massive représentant le déesse Guanyin.

L’Avalokiteshvara : une divinité qui a su s’exporter

Une chose intéressant à noter au sujet de l'Avalokiteshvara est la facilité déconcertante avec laquelle il a su s’exporter et conquérir le cœur de nombreuses cultures.

Au Tibet par exemple, de nombreux mouvements bouddhistes le considèrent comme une puissante divinité protectrice. Dans la langue locale, il sera alors plutôt connu sous le nom de « Chenrezig ».

Pour la petite anecdote, certains pensent d’ailleurs que le Dalaï Lama lui-même serait une réincarnation de ce fameux Chenzezig (ou plutôt une expression de son essence).

Les Japonais, eux, connaissent l’Avalokiteshvara sous le nom de Kannon, l’une des puissances religieuses les plus influentes de l’archipel.

Avec ses nombreuses sectes (dans le Bouddhisme, ce terme n’a à la base rien de péjoratifà et écoles ésotériques, le Japon connait de nombreuses façons différentes de célébrer ce personnage.

Si toutefois, il y avait une entité emblématique que nous devrions relier à l’Avalokiteshvara, ce serait bien Guanyin, la déesse chinoise de la compassion et de la miséricorde.

Personnage très important en Chine, Guanyin est souvent représentée sous forme de petites amulettes porte-bonheurs (comme celle-ci par exemple) que portons pour nous porter chance.

 

 

Trois amulettes porte-bonheurs : une du vaudou, une chrétienne et une de la wicca

Un grand message porté par cette divinité

La caractéristique principale des bodhisattvas est donc une grande volonté d’aider les hommes, et notamment de faciliter leur accession à l’état d’illumination.

Cela est vrai pour l’Avalokiteshvara… mais il apporte en plus avec lui quelques notions qui lui sont personnelles.

À ce titre, il a été noté quelques éléments intéressants, notamment :

  • Une grande compassion : l’Avalokiteshvara sait se montrer compréhensif face aux faiblesses humaines
  • La patience : cela rejoint le point précédent
  • L’aide aux plus faibles : ce personnage aime en particulier venir en aide aux pauvres, aux démunis et aux malheureux
  • La victoire : jamais l’Avalokiteshvara ne lâche avant d’avoir réussi à nous aider comme il le voulait

 

Au final, la vie et les enseignements que nous transmet cet être illuminé expriment assez bien la vision bouddhiste selon laquelle la compassion, l’empathie et la bonté seraient les plus grandes des forces.

Pour en apprendre plus sur le sujet, voici un article qui traite justement de la place de la compassion dans le Bouddhisme.

Bref, le message de l'Avalokiteshvara nous invite donc à nous aussi mettre cela en application dans notre vie et, si nous le pouvons, inviter nos proches à en faire de même.

 

 

Autel religieux indien avec des fleurs, de l'encens et des offrandes prépares pour une cérémonie.

Quelques légendes hindouistes à son sujet

Une part importante des légendes et coutumes religieuses de l’Inde se transmet oralement via une tradition qui perdure depuis des millénaires.

Tout un tas de choses que nous avons entendu au sujet de l'Avalokiteshvara en viennent d’ailleurs.

L’autre source majeure d’informations à son sujet consiste en des écrits et manuscrits, certains étant parfois très ancien.

Nous pouvons par exemple citer le « Sutra du Lotus » que nous avons évoqué un peu plus tôt, mais aussi le Mañjuśrīmūlakalpa, un manuel tantrique du 6ème siècle considéré comme un condensé de connaissances ésotériques hindouistes.

Bref, nous pouvons ainsi trouver tout un tas de légendes au sujet de l'Avalokiteshvara plus intéressantes les unes que les autres. Nous en avons ici sélectionnées trois pour vous.

Selon la première, nous bodhisattva aurait juré de rester incarné sur terre tant que tous les êtres humains n’auraient pas accéder à la même sagesse que lui. Il serait donc encore ici, quelque part, caché dans un grotte ou sous la souche d’un arbre.

La seconde nous dit qu’il aurait plutôt fait ce vœu… tant que chaque grain de sable n’aurait pas lui aussi atteint l’illumination. Autant vous dire qu’il y a encore du boulot.

Le troisième, et sans doute celle qui laisse le plus à réfléchir, décrit l'Avalokiteshvara comme une réincarnation du Bouddha Amitabha dont l’essence aurait continué à s’incarner même après sa mort.

 

 

Porte-bonheur présenté dans cet article :

Amulette ésotérique avec un dessin de la bodhisattva Guanyin gravée dessus.

 


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