Découverte du cornicello, un porte-bonheur napolitain

Découverte du cornicello, un porte-bonheur napolitain

Il y a un certain nombre de caractéristiques qui distinguent le Sud de l’Italie de n’importe quelle autre région du monde : les teintes que prennent les couchers de soleil, les chevelures d’un noir fin qui flottent en ondulant au gré des vents de la mer, un savant mélange de rouge et de vert rappelant la chaleur du cœur des habitants de la région.

Bref, le bas de la botte italien et, a fortiori, la cité de Naples témoignent d’un caractère indéniable.

Si vous avez déjà eu la chance de visiter cette ville, sans doute avez-vous croiser d’étranges porte-bonheur napolitaions rouge en forme de corne.

Appelés cors italiens ou « cornicelli » (pluriel de cornicello), ces petits talismans sont suspendus un peu partout dans les rues et sur les marchés.

Vous pouvez également en trouver quelques exemplaires sur notre site, comme par exemple avec ce collier avec cornicello.

De nombreux touristes choisissent d’en ramener un dans leur valise tellement cet objet est représentatif de la ville. Malheureusement, ils oublient bien souvent de s’intéresser aux origines, à l’histoire et au sens du cornicello.

 

Table des matières :

 

 

Taureau avec d'énormes cornes qui se repose dans la campagne italienne.

La corne : un puissant porte-bonheur lié à la fertilité

Depuis l’Antiquité, nous savons donc que les hommes utilisent le pouvoir de certains symboles pour se protéger du mal. Simple folklore ou réelle efficacité, là n’est pas la question.

Certaines amulettes, pendentifs et autres porte-bonheur ont dont longtemps été considérés comme de puissants objets imprégnés de capacités quasiment magiques.

Peu importe que vous vouliez conjurer une malédiction ou vous attirer la chance, il y avait toujours un objet qui répondait à vos attentes.

Concrètement, l’utilisation de la corne a débuté sur tout le pourtour de la Méditerranée au Néolithique, vers 3500 avant notre ère. Les peuples anciens d’en servaient alors au cours de rituels liés à la fertilité.

À une époque ou beaucoup d’enfants mourraient en bas âge et où le destin du clan était décidé par la capacité à faire perdurer les générations, nous comprenons aisément l’importance que pouvait représenter la fertilité.

En fait, une forte natalité était même vue par la tribu comme une bénédiction exceptionnelle.

Les cornes de taureau, par leur forme phallique et leur lien avec un animal réputé puissant, était alors utilisée pour donner force et puissance aux hommes.

Les femmes, elles, utilisaient également certains types de cornes, mais dans un but un peu différent. Elles cherchaient en fait à apporter la vigueur nécessaire à leur enfant pour éviter qu’il ne meure en couche, et s’assurer que l’accouchement se passe bien.

 

 

Petite ruelle napolitaine avec du linge suspendu sur une corde entre deux maisons.

Sa présence dans l’Italie actuelle

Dans la région de Naples aussi, c’est la corne animale qui fut le plus utilisée par la population. Loin de se limiter à l’Italie, cette pratique est donc commune à de nombreux peuples à travers le monde.

Des Indiens d’Amérique aux nomades de Mongolie : les peuples à avoir attribué aux cornes des propriétés mystiques sont extrêmement nombreux.

Chez les Romains déjà, des porte-bonheur comparable au cornicello étaient utilisés comme offrande, notamment dans des rituels liés aux déesses Vénus et Luna.

Dans cette optique, l’os était souvent peint en rouge (la couleur de l’amour), ces deux déesses étaient associées à l’ardeur bouillonnante qui anime les jeunes en manque d’aventure.

De plus, les os étaient parfois aussi utilisés par les fidèles de Priape, le dieu de la fertilité masculine. Sans doute la raison est ici la même que pour leurs ancêtres de la Préhistoire : la ressemblance avec le sexe masculin.

Il est en outre plutôt facile de comprendre ce que sont le cornicello et ses dérivés lorsque nous regardons leur nom. De fait, « corno » signifie corne en italien !

Un cor italien est donc un talisman ou en pendentif en forme de corne torsadée qui peut être faite de n'importe quel type de matériau, allant de l'or à l'argent, en passant par des os d’animaux et bien sur la matière la plus répandue : le corail rouge (comme pour celui-là).

 

 

Cornicelli déposés sur l'étal d'un marché.

Cornicello et corail : l’importance du rouge

Lorsque du corail est utilisé, la couleur et la forme des cornicelli les font ressemblent à des petits piments.

Clin d’œil à ce symbole ou simples façons d’attirer le chaland, le fait est que de nombreuses guirlandes décorées de piments rouges peuvent être trouvées un peu partout dans les rues de Naples.

Au Moyen Âge, la couleur rouge avait une double signification pour les Napolitains : elle symbolisait la victoire sur les ennemis, y compris le diable, mais aussi la chance.

À Naples, la plupart des objets de couleur rouge seront donc vus (à divers degrés bien entendu) comme possédant un certain pouvoir de protection.

Certains artisans ont alors eut l’idée, il y a des cela des siècles, de créer une petite corne rouge. Ils ont décrit leur œuvre par la devise : "Tuosto, stuorto e cu a’ punta ", ce qui signifie « dur et tordu à la pointe ».

 

 

Vue d'une rue italienne remplie de passants qui flânent sous un soleil brillant.

L’utilisation actuelle du porte-bonheur napolitain

En réalité, le sens premier de symbole a su être préservé tout au long de l’histoire.

Comme nous l’avons vu, ce sont nos ancêtres les premiers qui ont attribué un sens magique aux os, et plus largement à tout ce qu’ils pouvaient trouver dans la nature. Ils les portaient alors en amulette pour se protéger et se renforcer.

Dans la culture italienne, entre autres, la corne personnifie naturellement la force compte tenu de son but premier, celui de servir d’arme aux animaux.

De plus, la durabilité du matériau peut être interprétée comme une preuve du salut et de l'immortalité du groupe qui s’opère via une fertilité importante.

C’est exactement ce à quoi fait allusion le cornicello actuel. Au fil du temps toutefois, les os ont été remplacés par des objets plus symboliques, d’où la forme que nous connaissons aujourd’hui.

En plus d'être portés en pendentif, les cornicelli sont également souvent suspendus aux rétroviseurs des camions et des voitures. Il s'agit en fait ici de la version moderne d’une ancienne coutume qui visait à protéger les chevaux en leur offrant un cornicello.

Il n’est également pas rare de trouver ce porte-bonheur napolitain accroché aux portes des maisons et de commerces comme un moyen d’attirer la chance à soi.

Une chose est sûre : la culture de Naples regorge de secrets et de particularités qu’il peut vraiment être passionnant de découvrir. Voici un article qui traite du sujet et présente quelques particularités de la ville de Naples.

 

 

Porte-bonheurs présentés dans cet article :

Bannière vers notre collier cornicello de couleur dorée

Bannière menant à l'un des cornicelli napolitains de notre boutique.

 

 


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