Découvrir la légende de la reine de Saba et du roi Salomon

février 12, 2021 8 min de lecture

Illustration d'une femme africaine, la reine de Saba.


Judaïsme, Christianisme, Islam : la reine de Saba est une figure présente dans de nombreuses religions.

Immortalisée dans la Bible et le Coran, célébrée dans les œuvres musicales et les peintures de l’Antiquité jusqu’à nos jours, cette femme mystérieuse présente un caractère semi-légendaire qui la rend passionnante pour nombre d’historiens.

Présentée comme une puissante reine qui auraient visité le roi Salomon accompagné des montagnes d’or et de présents, la reine de Saba est devenue l’un des principaux sujets de légendes dans le monde orientale et dans l’Est de l’Afrique.

Mais en fait, qui était cette reine ?

Et d’où venait-elle précisément ?

Quels messages peut-elle bien cacher ?

Comme nous allons le découvrir ensemble, ces questions, aujourd’hui encore, sont laissées en suspens.

 

Table des matières :

 

 

Bible chrétienne ouverte sur table, à la page contenant la légende de la reine de Saba.

La légende de la reine de Saba dans la Bible

Selon la Bible et la Torah, il fut autrefois en terre d’Israël un roi nommé Salomon.

Reconnu de tous pour sa fortune, sa sagesse et ses qualités de philosophes, il nous est couramment présenté comme l’un des plus grands chefs de tous les temps.

En effet, selon les Écritures, Salomon demanda à Dieu de lui offrir la sagesse nécessaire à la bonne gouvernance de son peuple, les Hébreux. Cela lui fut accordé, ainsi que d’abondantes richesses et une renommée qui le fit connaitre bien au-delà de ses frontières.

 

La visite de la reine au souverain d’Israël

C’est ainsi qu’une souveraine étrangère entendit un jour parler de lui : vous devez vous en douter, nous parlons bien ici de la reine de Saba.

Curieuse d’en apprendre plus sur celui que tous considéraient comme le roi modèle, elle décida de se rendre à Jérusalem pour rencontrer Salomon.

Plus précisément, elle voulait tester la sagesse réputée infinie du roi, et prépara donc avec ses conseillers une série de devinettes censées le tester.

La reine de Saba n’avait toutefois pas fait le chemin les bras vides.

Comme nous l’enseigne la Bible :

«  Elle arriva à Jérusalem avec une suite fort nombreuse, et avec des chameaux portant des aromates, de l'or en très grande quantité, et des pierres précieuses […] 

Elle donna au roi cent vingt talents d'or, une très grande quantité d'aromates, et des pierres précieuses. Il ne vint plus autant d'aromates que la reine de Saba en donna au roi Salomon.

Les navires de Hiram, qui apportèrent de l'or d'Ophir, amenèrent aussi d'Ophir une grande quantité de bois de santal et des pierres précieuses.» -  I Rois 10:2-10

 

La sagesse légendaire de Salomon

Comme prévu donc, la reine lui posa également quelques énigmes.

Nous pouvons nous y attendre mais, oui, le roi Salomon sut y répondre aisément.

Cela ne manqua d’impressionner la reine de Saba, comme nous pouvons le voir dans ce second extrait biblique :

« Elle se rendit auprès de Salomon, et elle lui dit tout ce qu'elle avait dans le cœur.

Salomon répondit à toutes ses questions, et il n'y eut rien que le roi ne sût lui expliquer.

La reine de Saba vit toute la sagesse de Salomon, et la maison qu'il avait bâtie.» - I Rois 10:2-4

 

La source d’une conversion royale

Il est intéressant de noter que ce passage est aussi teinté d’un début de conversion de la part de la reine de Saba, comme nous le voyons bien ici :

« Heureux tes gens, heureux tes serviteurs qui sont continuellement devant toi, qui entendent ta sagesse!

 Béni soit l'Éternel, ton Dieu, qui t'a accordé la faveur de te placer sur le trône d'Israël ! C'est parce que l'Éternel aime à toujours Israël, qu'il t'a établi roi pour que tu fasses droit et justice.» - I Rois 10:8-9

Ce récit que nous venons de découvrir ensemble constitue la version officielle mentionnée dans la Bible, la seule sur laquelle les historiens ont pu se mettre d’accord.

Il existe toutefois d’autres traditions, que nous allons maintenant évoquer ensemble.

 

 

Femme éthiopienne vue de dos, avec une coupe de cheveux traditionnelle d'Afrique.

La version éthiopienne

Dans de nombreuses cultures d’Afrique de l’Est, et en particulier en Éthiopie, la reine de Saba est présenté comme une femme originaire de la région.

Le Kebra Nagast, l’épopée nationale éthiopienne qui compte la création du pays, nous en parle en effet comme d’une figure éminente.

En clair, le Kebra Nagast apporte quelques précisions à notre légende qui, bien que discutables sur un plan purement historique, nous en apprennent beaucoup sur la culture éthiopienne.

 

La liaison entre le roi Salomon et notre reine

Ce récit nous dit en effet que la reine de Saba aurait séjournée quelques temps chez le roi Salomon avant de repartir chez elle.

Étant une femme célibataire, elle avertit le roi de ne pas la toucher. Il lui répond qu'en échange, elle ne devrait rien prendre chez lui.

La première nuit toutefois, l’air sec d’Israël avait asséché la gorge de la reine, qui se levât pour aller chercher un verre d’eau.

Peu de temps après, Salomon vint la confronter et lui fit remarquer que, vu qu’elle avait rompu son accord, lui aussi était libéré du sien.

 

Un roi naquit de leur union

Les deux souverains passèrent ainsi lui nuit ensemble et, lorsqu’elle revint dans son royaume, la reine de Saba vit qu’elle était tombée enceinte.

Elle élèva ainsi l’enfant, un fils qu’elle nomma Menelik, et en fit un grand roi.

Alors qu’il avait grandi, Menelik décida de partir rencontrer son père en Israël. À son retour, il revint avec l’un des trésors les plus précieux imaginables : l’Arche d’Alliance, le texte originelle sacré contenant les dix commandements transmis par Dieu à Moïse.

Selon la tradition éthiopienne, ce bien d’une valeur inestimable se trouverait donc aujourd’hui encore en possession des souverains de la famille royale éthiopienne.

 

 

Coran musulman avec la hadith qui nous parle de la reine de Saba.

La reine de Saba dans le Coran

L’autre version majeure de la légende de la reine de Saba se trouve dans la Coran.

La tradition musulmane possède toutefois des différences majeures avec les versions que nous venons d’évoquer ensemble.

Déjà, la reine de Saba y est plutôt connue sous le nom de Bilqis. Salomon, lui, sera plutôt appelé Soliman.

Le roi des Juifs de plus, non content d’avoir obtenu sagesse et richesse, possédait le don divin de parler aux djinns et aux oiseaux.

 

Une reine riche, mais infidèle

Selon cette version de la légende donc, Salomon apprit un jour d’un de ses oiseaux messagers que vivait dans un royaume lointaine une puissante reine qui n’adorait point Dieu, mais des idoles et le Soleil.

Cette reine, de plus, possédait suffisamment de richesse que pour pouvoir s’asseoir sur un trône d’or.

Qu’importe tout cela, notre roi décida de lui envoyer une lettre, lui demandant fermement de renoncer à ces pratiques païennes.

La reine répondit avec toute la courtoisie d’une monde qu’elle refuserait. De plus, elle envoya des montagnes de cadeaux, sans doute dans l’idée d’amadouer le roi Salomon.

Incorruptible, le souverain d’Israël décida d’inviter la reine de Saba en personne pour avoir une petite discussion avec elle.

 

Un roi bien sage

Peu avant son arrivée, Salomon se souvint que la reine possédait un trône d’or. De plus, elle avait tenté de l’adoucir avec des cadeaux purement matériel.

Dans sa grande sagesse, il comprit ainsi qu’il avait à faire à une personne vénale et matérialiste, qui ne serait impressionnée que pour la démonstration de richesses.

C’est alors qu’il convoqua un djinn, à qui il demanda de lui apporter une copie du trône de la reine de Saba, chose que l’esprit accepta.

Ce siège royal fut installé ans une salle au sol de cristal et, lorsque la reine arrivé, Salomon l’invita à venir s’asseoir dessus, comme chez elle.

L’effet que cela lui fit était si intense, si puissant, qu’elle déclara :

" Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même: Je me soumets avec Salomon à Allah, Seigneur de l’univers " - Sourate 27:44

 

Juste une conversion ?

Le conte relatée dans le Coran s’arrête ici, au moment où la reine de Saba se convertit donc.

Toutefois, certaines versions de l’histoire suggèrent qu’elle aurait été jusqu’à épouser le roi Salomon.

Plus largement, la tradition musulmane a fait de la légende de la reine de Saba la base et le centre d’un vaste cycle de contes et de mythes.

 

 

Femme africain aux allures royales, assise sur un banc.

Autres points de vue

Nous avons vu ensemble les versions biblique, éthiopienne et musulmane de notre légende.

Il en existe toutefois d’autres ,plus tardives, qui mettent également en scène la bien mystérieuse reine de Saba.

Ainsi, certains moines chrétiens du Moyen-Âge s’appuient sur le Nouveau Testament pour établir un lien entre une « reine du Sud », évoquée plusieurs fois dans les Évangiles, et la reine de Saba.

En règle générale, l’art religieux européen, en particulier la peinture, choisira souvent cette femme semi-légendaire comme sujet de ses œuvres, soit seule, soit accompagnée du roi Salomon.

Notre souveraine est également particulièrement populaire chez les Coptes, ou Chrétiens d’Orient, comme nous le montre nombre de récits et de contes lui faisant allusion.

L’autre tradition majeure dans laquelle elle s’illustre est celle du Talmud, qui, pour sa part, s’oppose à l’existence d’une telle reine, et n’accepte de la voir que comme une allégorie, une figure censé représentée l’abondance et la richesse terrestre qui, même elle, reconnaissait le pouvoir du roi Salomon.

Enfin, il peut également être intéressant de noter comment les Perses (sans doute influencer par la tradition juive) nous parlent de la reine de Saba comme d’une puissante magicienne, fille d’un roi chinois et d’une fée.

 

 

Carte de l'Afrique et du Moyen-Orient, avec plusieurs pays pouvant être le royaume de Saba.

Qui était vraiment la reine de Saba ?

La Bible nous parle donc de la reine de Saba, oui, mais ne précise jamais ce qu’est précisément Saba.

Nous comprenons aisément qu’il s’agit d’un royaume, mais rien ne nous est dit quant à sa nature ou à son emplacement.

Nombre de traditions, principalement celles issues du Coran, estiment que notre reine viendrait en fait du royaume de Sheba, autrefois situé dans le Sud de la péninsule arabique.

D’autres, principalement les Chrétiens et les Éthiopiens, estiment plutôt que la royaume de Saba serait l’ancienne nom donné au royaume d’Éthiopie.

En particulier, les partisans de cette hypothèse établissent Saba comme étant l’ancêtre du royaume d’Axoum, lui-même étant ancêtre de l’Éthiopie.

Même s’il est assez compliqué de départager ces deux points de vue, les historiens savent qu’il ne pourrait que difficilement s’agir d’un autre lieu.

En effet, la reine de Saba apporta avec elle de nombreuses richesses lorsqu’elle vint visiter Israël, notamment  de l’encens.

Or, nous s’avons qu’à l’époque, l’encens n’était cultivé au Moyen-Orient que dans ces deux régions.

Malgré des décennies de travail d’historiens passionnés, le reste de la question, lui, reste encore un mystère.

 

 

Ressources supplémentaires

Nous avons aujourd’hui découvert la légende extraordinaire d’une reine présente dans nombre de cultures et de spiritualités.

À ce titre, voici quelques collections de notre site qui leur sont liés :

 

Plus largement, voici quelques ressources externes qui vous permettront de creuses le sujet de notre légende :

 


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