13KGHT73 La Croix Huguenote : porte-bonheur des Protestants de France
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La Croix Huguenote : porte-bonheur des Protestants de France

Il y a deux formes de croix huguenote que vous pourrez croiser plus souvent que les autres.

La première correspond à une croix de Malte accompagnée d’une fiole contenant une goutte d’huile d’onction. La seconde nous montre elle aussi une croix de Malte, mais cette fois-ci avec une colombe accrochée sur son dessous.

Cette croix particulière est apparue en France au cours de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle et est rapidement devenue l’un des symboles religieux les plus répandus dans le pays.

Ce serait, selon toute vraisemblance, un artisan orfèvre qui l’aurait créé tel que nous la connaissons aujourd'hui. Il aurait trouvé son inspiration dans une longue tradition d’insignes militaires français datant de plusieurs siècles…  mais tout cela, nous en parlerons plus tard dans l’article.

 

Table des matières :

 

 

Médaillon en bois gravé de la croix huguenote.

France et Chrétienté : description de la croix huguenote 

La chose est claire pour quiconque pose son regard dessus : la croix huguenote regorge de symbolisme.

Cet emblème se compose de quatre fleurs de lys (de celles qui décorent les étendards des rois de France) dont les pétales seraient ouverts. Chaque pétale, parfois aussi appelé bras, présente deux points arrondis à ses extrémités.

La partie centrale du dessin est superposée à croix de Malte, un type de croix chrétienne caractérisée par ses quatre branches semblables à de pointes de flèches qui s’uniraient par leur extrémité la plus pointue. Précisons également que les quatre branches sont ici de même longueur. Si vous voulez avoir plus d’informations sur ce symbole, vous pouvez vous référer à ce badge à la croix de Malte.

Il y a en réalité tout un tas de symboles qui offrent des significations à la croix huguenote. Nous pouvons par exemple citer :

  • La fleur de lys (dont vous trouverez ici plusieurs porte-bonheurs qui lui sont liés) est le symbole éternel de la France. Concrètement, il s’agit là des armoiries rois qui régnaient sur le pays depuis des siècles. Présente partout à l’époque, les protestants ne pouvaient pas ignorer ce lien étroit avec leur pays.
  • En outre, le lys en lui-même est souvent associé à des valeurs de pureté et de charité.
  • Les quatre branches (ou pour certains les quatre pétales), par leur taille identique, pourraient représenter les quatre évangélistes dont les importances se veulent égales dans la Bible.
  • Nous pouvons dénombrer huit points arrondis aux extrémités de la croix. Il s’agirait là d’une représentation des huit béatitudes décrites dans les Livres Saints.
  • Chaque fleur de lys a trois pétales. Cela est souvent vu comme une expression de la Trinité. Nous voyons encore une fois ici l’attachement du peuple français à leur foi.
  • Trois pétales multipliés par quatre lys, cela nous donne le nombre douze. Certains spécialistes voient là un clin d’œil fait aux douze apôtres de Jésus-Christ
  • Lorsque nous regardons de plus près, la position des fleurs de lys et leur forme peuvent évoquer une forme très particulière : celle de la couronne d’épines, allégorie des souffrances que le Christ endura sur la croix.
  • Dans la tradition chrétienne, la colombe représente le Saint-Esprit ou parfois aussi l’intervention directe du Seigneur sur terre. En période de persécution religieuse, la colombe était parfois remplacée par une larme (pour montrer la peine qu’enduraient certains protestants). Certains décrivent parfois la colombe comme un guide, un conseiller pour les Chrétiens qui peuvent se sentir perdu dans leur foi.
  • Vous l’avez sans doute déjà remarqué : l’intersection des fleurs de lys avec les branches de la croix forment quatre cœurs. Cette forme est le symbole de la fidélité qui doit exister entre deux conjoints, mais aussi plus largement de l’amour que nous nous devons de témoigner à nos prochains. Il faut savoir que le célèbre réformateur français Jean Calvin avait auparavant utilisé le cœur comme son sceau personnel et, par extension, celui du mouvement qui avait lancé.

 

 

Plusieurs symboles chrétiens appréciés des Protestants français.

Quelle est l'histoire des huguenots ?

L'origine du terme « huguenot » est, de nos jours encore, assez obscur. Nous savons qu’il s’agit là du nom que portaient les protestants présents en France au XVIᵉ siècle. Selon toute vraisemblance, ce mot aurait été créé par leurs ennemis et son sens aurait donc été péjoratif… dans un premier temps tout du moins.

En fait, l'impact de la Réforme protestante s'est réellement fait sentir dans toute l'Europe vers le début du XVIᵉ siècle. Les historiens parlent d’une onde de choc tout bonnement spectaculaire qui marqua durablement la pensée des sociétés européennes. Parmi ses plus grands protagonistes, nous pouvons citer des hommes comme l'Allemand Martin Luther ou bien le Français Jean Calvin.

Les conséquences de cette réflexion nouvelle sur la France furent extrêmement lourdes. En un temps remarquablement court à l’échelle de l’histoire humaine, le protestantisme réussit à pénétrer tous les rangs de la société, en particulier ceux des artisans lettrés des villes et de la basse noblesse. Tout cela eut des conséquences dramatiquement lourdes d’un point de vue humain : il y eut en France non moins de huit guerres civiles entre les années 1562 et 1598. C’est cela que les historiens les guerres de religion.

Il est donc évident que le sujet mérite que nous nous y intéressions plus en détail. Cela tombe bien, c'est ce que nous allons faire ici.

Si les sujets du protestantisme et de la Réforme vous intéressent, vous aimerez la suite de cet article… mais également sans doute les différents porte-bonheurs chrétiens que nous avons trouvés pour vous.

 

 

Culte protestant où un croyant récité un livret de prière.

Développement du protestantisme en France

Le protestantisme fut rapidement adopté par les membres de la noblesse, par l'élite intellectuelle et par certains corps de métiers, comme par exemple ceux de la médecine ou du droit. Il existait bien entendu des protestants français dans la paysannerie, mais ils étaient proportionnellement moins nombreux.

Certains voient cela comme l’expression de la partie de la société la plus cultivée, la plus à même à porter un jugement critique et éclairé sur la question religieuse. Pour d’autres, il s’agira plutôt de la preuve d’un conflit d’intérêt évident qu’avaient certaines classes sociales lorsqu’il était question d’une possible spoliation et baisse d’influence de l’Église catholique romaine.

Quoi qu’il en soit, le fait est que le protestantisme en France réclamait avant tout une plus grande liberté religieuse, et donc politique (les deux domaines étant profondément intriqués l’un dans l’autre à l’époque).

En quelques années, certaines maisons françaises connurent une certaine notoriété en tant que « chefs de file » des mouvements protestants. Nous pouvons à ce titre citer les maisons de Navarre, de Valois et de Condé, mais aussi des personnages importants des corps constitués tel que l’amiral Coligny. Certains spécialistes de la question font souvent remarquer que, contrairement à l’idée reçue sur la question, un nombre important d’officiers militaires se réclamaient eux aussi de la Réforme.

S’il y a bien une femme qui se démarqua vis-à-vis des autres, ce fut Marguerite d’Angoulême. Souvent décrite comme « la femme moderne », elle fut un soutien important des huguenots en France. Sœur du roi François Iᵉʳ, beaucoup pensent que son influence aida le souverain catholique à porter un des regards les plus indulgents de son époque sur les chrétiens protestants.

 

 

Plusieurs symboles chrétiens.

Des tensions grandissantes entre catholiques et protestants

Cet état de fait permit aux églises huguenotes de se développer rapidement. Lors de leur premier synode en 1559, quinze églises différentes étaient représentées. En 1561, ce furent quelque deux mille églises qui envoyèrent des représentants.

Dans un premier temps donc, les huguenots étaient largement protégés par François Iᵉʳ en raison de leur statut souvent influent et de leur contribution majeure à l’économie et aux finances de la couronne de France.

Toutefois, il faut savoir que près de 90% des Français de l’époque était restés fidèles à l'Église catholique et à ses institutions… qui étaient bien décidées à conserver leur pouvoir.

Tout au long de leur existence, le statut des huguenots passa donc de faveurs royales aux persécutions populaires, et vice-versa. (Précisons que le degré de violence qu’ils eurent à subir dépendait fortement des régions où ils se trouvaient.)

Bref, la situation était explosive : les affrontements entre catholiques restés fidèles et protestants huguenots étaient inévitables. La guerre civile éclata et les effusions de sang débutèrent.

Au cours des années 1560, les affrontements avaient empiré à un point tel que le pays était au bord de l’effondrement. Une femme, grande reine pour certains et terrible meurtrière pour d’autres, marqua alors un tournant dans l’histoire. Catherine de Médicis allait commanditer les terribles massacres de la Saint-Barthélemy.

 

 

Fresque dans un livre des Huguenots de France.

Guerres de religion et conséquences

En 1589, Henri IV de Bourbon, roi de Navarre et protestant de son état, hérita du trône français après la mort de ses trois cousins de la dynastie des​ ​Valois, les fils de Catherine de Médicis. Cela n’empêcha pas les guerres de religion de se poursuivre.

En 1593, dans une optique d’apaisement des tensions, Henri IV se convertit publiquement au catholicisme. Cinq ans plus tard, les guerres civiles prirent fin, et le roi publia l'édit de Nantes qui accordait aux huguenots, ses anciens coreligionnaires et camarades d'armes, des privilèges considérables, dont une liberté religieuse plus ou moins généralisée.

Cela mit donc fit aux conflits, oui, mais marqua également le rattachement des protestants à la France, redevenus fidèles sujets de la couronne.

Cette situation aurait pu perdurer et le hache de guerre ne jamais être déterrée, mais ce ne fut malheureusement pas le cas : après un siècle de libertés religieuses, les huguenots de France virent l’édit de Nantes être révoqué par le roi Louis XIV. Écoutant certains de ses conseillers qui lui décrivaient les protestants comme une dangereuse minorité religieuse au pouvoir tentaculaire grandissant, le roi décida de tout faire pour conserver son autorité absolue.

Calvinisme, Luthéranisme, Gallicanisme : tout cela était dès lors considéré comme une hérésie, et devait donc en toute logique être réprimé. Les huguenots français reçurent alors l’ordre de renoncer à leur foi et de rejoindre les rangs de l’Église catholique.

Quitter le sol de la France leur a même été interdit sous peine de mort. Le roi soleil alla même jusqu’à ordonner à ses quelque 300 000 soldats de traquer les hérétiques et de confisquer leurs biens. Ces troupes encore célèbres furent surnommées les dragonnades.

 

 

Caravelle du 18ème siècle, comme celles des immigrants américains.

La fuite des huguenots

À la grande surprise des autorités de l’époque, un nombre impressionnant de huguenots prirent malgré tout la fuite, souvent au prix de leur vie. Lorsque des fuyards étaient capturés, ils étaient le plus souvent exécutés (parfois de manière très sommaire). Une partie non négligeable fut utilisés comme esclaves sur les navires de la flotte française en Méditerranée.

Charité chrétienne oblige, tuer les femmes et les enfants aurait été mal vu par la population. Malgré quelques dérives d’une barbarie sans nom, la plupart des petits furent, eux, envoyés dans des couvents catholiques.

Du début du XVIᵉ siècle jusqu’en 1787, ce sont au total des centaines de milliers de huguenots qui quittèrent leur foyer pour partir vers d’autres pays plus tolérants d’un point de vue religieux. Voici un autre article qui parle de leur exil, si vous voulez fouiller le sujet plus en profondeur.

Comme l’écrivaine Esther Forbes l’a dit dans dans « Paul Revere and the world he lived in » :

« La France avait ouvert ses propres veines et versé son meilleur sang lorsqu'elle se vida des huguenots, et partout, dans tous les pays qui les recevraient, cette souche étonnante se comporta comme une levure. »

Les historiens estiment à 200 000 le nombre d’hommes et de femmes parti s’installer aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse ou encore Scandinavie. Certains huguenots allèrent même jusqu’à rejoindre la cour des tsars en Russie, où leurs qualités d’artisan reçurent un accueil chaleureux.

Il est intéressant de noter l’influence qu’eut cette diaspora. La première vague de colonisation réellement importante en Afrique du Sud fut par exemple composée de huguenots français. Entre 50 000 et 60 000 individus émigrèrent pour leur part en Grande-Bretagne.

 

 

Figurine d'un colon français.

Le sort des Français protestants à l’étranger

En raison du climat politique de l'époque, dans une Grande-Bretagne fortement méfiante vis-à-vis de la politique de Louis XIV, ceux qui étaient vus comme des ennemis du souverain français virent forcément un accueil chaleureux leur être réservé, le but des Anglais n’étant pas moins de perturber les affaires intérieures de la fille ainée de l’Église que de faire preuve d’humanisme.

Cependant, comme nous le montre certaines traces historiques de l’époque, les huguenots eurent parfois à subir une certaine méfiance de la population locale, qui les voyaient comme une présence menaçante pour leurs emplois, leur culture, leur morale et leurs coutumes.

Pendant au moins un demi-siècle, les huguenots sont ainsi restés une minorité à part du reste de la population. Ils occupaient souvent des postes dans les secteurs de la banque, du commerce et de l’imprimerie. Cette position particulière fut née une colère dans certaines couches de la population qui les accusaient de jouer en secret de leur influence pour imposer leurs idéaux politiques.

Communauté sans attache, les huguenots de l’Europe entière étaient particulièrement prompts à émigrer vers une nouvelle terre ou tout paraissait possible : les Amériques. Qu’ils viennent d’Angleterre donc mais aussi de Hollande ou directement de France, ils constituèrent une part très importante des successives vagues d’immigration qui peuplèrent le continent.

Les États du Massachusetts, de New York, de Pennsylvanie, de Virginie et de Caroline du Sud en particulier virent une communauté importante de protestants d’ascendance française s’installer.

Tout comme l’intelligentsia et l’avant-garde culturelle française connurent une douloureuse perte avec le départ des huguenots, les colonies américaines, elles, virent une quantité de matière grise impressionnante leur arriver.

Les Français ont en fait fourni au continent américain d'excellents médecins, des érudits instruits et des artisans de qualité. George Washington lui-même, héros de la révolution américaine, était petit-fils de huguenot du côté de sa mère.

Cette présence en Amérique se fit également ressentir d’une autre façon sur le vieux continent…

En 1787, date de la victoire des indépendantises nord-américain, le marquis de Lafayette, impressionné par le fait que tant de dirigeants de la révolution étaient d'origine huguenote, persuade Louis XVI et le Conseil français d'adopter un nouvel édit de tolérance garantissant la liberté religieuse en France.

Il est vrai que ce sujet est peu abordé aux cours d’histoire que l’école publique dispense. Voici donc un travail de l’historien Jacques Houdaille qui appuie et confirme tous ces propos.

 

 

Décoration militaire avec une croix huguenote.

Concrètement, quel lien avec la croix huguenote ?

Nous connaissons maintenant, dans les grandes lignes, l’histoire de la Réforme protestante en France. Mais quel lien tout cela peut-il bien avoir avec la croix huguenote ?

Pour comprendre cela, l’analyse des symboles de cette croix chrétienne que nous avons fait au début de l’article nous fournit quelques clés de compréhension. La colombe en particulier est utilisée en France depuis des siècles comme représentation de l’Esprit Saint.

À côté de cela, il est important de comprendre l’importance que revêtaient les décorations militaires à cette époque pour le peuple français. Face à un état pyramidal où les généraux et hauts gradés de l’armée tenaient certains rennes du pouvoir, recevoir une médaille honorifique était synonyme d’échelons montés dans la société.

Par sa forme, il est donc communément admis que la croix huguenote résulte de la fusion de ces deux éléments.

Il existe tout un tas d’histoires et de légendes plus ou moins folklorique quant à sa création. Deux d’entre elles toutefois, sans doute plus vraisemblables que les autres, forment les hypothèses officielles.

La première repose sur le supposé rejet des protestants vis-à-vis de la croix latine, et leur nécessité de se trouver un symbole propre.

La seconde nous montre le lien qui put autrefois exister entre les protestants français et le roi. Selon elle, la croix chrétienne dont nous parlons ne serait rien d’autre que l’expression d’un signe d’attachement vis-à-vis de la France, et ce malgré les oppressions que certains souverains tyranniques ont pu mettre en place.

Deux théories bien différentes donc mais toutes deux plausibles… Nous allons maintenant vous présenter tout cela plus en détail.

 

 

Artiste orfèvre qui crée la première croix huguenote.

Maystre : un orfèvre d’exception

Voici la première théorie dont nous venons de vous parler.

Certaines sources nous disent que la croix huguenote aurait été créée aux alentours de 1688 par un bijoutier français nommé Maystre. Si l’artiste décida réalise cette œuvre, c’était en fait pour répondre à un besoin bien précis.

Les protestants de l’époque nourrissaient un dégout intense pour la croix latine (la forme de croix la plus répandue, celle que vous connaissez sans doute le plus). Rejetant certains dogmes de l’Église catholique contre laquelle ils s’étaient révoltés, ils acceptaient toutefois la croix de Malte qu’ils considéraient comme un symbole de chevalerie et de pureté morale.

Si nous rajoutons à cela le véritable amour qu’ils vouaient au concept de Saint-Esprit (surtout au début de la Réforme et au temps des persécutions), nous comprenons comment la croix huguenote créée par Maystre a pu connaitre un tel succès.

Ainsi, l’élaboration de ce symbole ne tiendrait tant pas d’une foi profonde que d’un opportunisme dont certains artistes ont su astucieusement faire preuve.

 

 

Plusieurs décorations militaires sur une casquette.

Croix huguenote et ordre militaire

Selon certains, la croix dont nous parlons ne serait ni plus ni moins que l’aboutissement d’une longue tradition de décorations militaires.

Selon cette théorie, tout aurait commencé avec la croix de Malte. Utilisée dans un premier temps par les chevaliers Hospitaliers de l’ordre de Saint Jean, organisation descendant directement de croisés partis défendre la Chrétienté au cours des croisades du Moyen Âge, cette forme particulière de croix chrétienne connut une certaine popularité en Europe.

Par exemple, des motifs similaires décoraient les armoiries de nobles de Toulouse et du Languedoc dès le 12ème siècle. Cette forme rentra rapidement dans l’art sacré, ce qui lui valut une place encore visible aujourd’hui dans l’architecture notamment.

Le 31 décembre 1578, Henri III, désireux de prouver qu'il était un bon chrétien, décida de fonder l'Ordre des Chevaliers du Saint-Esprit. Naturellement, seuls les catholiques pouvaient aspirer au privilège de rejoindre cette organisation.

Si nous vous en parlons, c’est tout simplement parce que l'insigne de l'ordre correspondait à une croix de Malte, suspendue à un ruban bleu. Au centre de la croix du Saint-Esprit se trouvait une colombe, avec la devise « Par la tête et par l'Esprit ».

La croix huguenote aurait alors été créée comme un signe de reconnaissance parmi les protestants français dès le XVIIᵉ siècle, en étant calquée sur l'insigne de l'Ordre du Saint-Esprit. Selon les tenants de cette hypothèse, il ne s’agirait tant pas là d’une envie d’être associée à cet ordre catholique mais plutôt bien une preuve de respect et d’amour envers un homme dont nous vous avons déjà parlé dans cet article : le roi Henri IV de Navarre.

Grand défenseur des libertés religieuses et publicateur de l'édit de Nantes, ce serait grâce à cet homme que les protestants se mirent à porter la croix huguenote telle que nous la connaissons aujourd’hui.

 

 

Ombre d'un couple qui s'embrasse devant la mer.

Une légende plus romantique

Pour finir cet article par une note un peu plus légère, nous allons maintenant brièvement vous présenter une légende populaire qui nous explique à sa façon la signification de la croix huguenote.

Un jeune couple de protestants avait un jour décidé de s’unir en secret. Le jour du mariage, deux des couples furent capturés par la garde royale. Un choix leur fut donc imposé : ils devaient se (re)convertir à la foi catholique ou mourir dans les flammes du bûcher.

Ils ont refusé de renoncer aux idéaux de la Réforme et choisirent de périr ensemble dans le feu. C’est donc le jour du mariage même que, chantant ensemble des psaumes, les tourtereaux partirent rejoindre l’au-delà.

Entendant le mélange de suppliques et de prières, un forgeron du coin fut émis et décida de créer un symbole pour que jamais l’on n’oublie l’histoire tragique de ces jeunes partis trop tôt. La croix huguenote était née.

 

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