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Le golem, géant d'argile du Judaïsme (histoire et description) | Cyril Gendarme

Le golem, géant d'argile du Judaïsme (histoire et description)

Le terme golem est aujourd’hui encore assez peu compris. Secret mystérieux du peuple juif, cette créature apparait dans de nombreux contes et légendes, et constitue une clé de compréhension de la mystique juive.

Les golems existent depuis bien longtemps dans la mythologie de cette religion mais, comme nous allons le découvrir dans cet article, une légende en particulier a propulsé nos étonnants géants sur le devant de la scène.

Asservi à son créateur, un golem est en tout cas un monstre intriguant dont la force et les prouesses ne peuvent qu’émerveiller les yeux de petits comme des grands.

 

Table des matières :

 

 

Statue en argile dans un musée, dont certaines représentent des golems.

C’est quoi un golem ? (description)

L’origine du concept de golem se trouve donc dans la religion hébraïque. Il semblerait que le terme soit issu du mot hébreu « galmi », qui signifie littéralement « masse informe ».

Les golems sont ainsi de grandes créatures animées faites de terre, d’argile ou de poussière. Il leur est donné vie par un rabbin qui, au moyen de formules secrètes que seuls les mystiques juifs connaissent, rendent animé de la matière qui ne devrait normalement pas l’être.

L’apparence d’un golem est défini par le matériau qui a servi à son construction. Ses créateurs vont chercher à lui donner une apparence humanoïde mais, n’étant ni artiste ni sculpteur, la plupart des golems ont des traits grossiers. Leur visage est ainsi souvent fait d’une masse informe, et certains d’entre eux n’ont même pas de doigts à leurs mains !

Cela n’est toutefois pas un souci : même grossièrement créé, un golem pour remplir sa principale mission, à savoir la protection et la défense de la communauté juive.

Bien que ces géants soient normalement asservis à leurs maitres, il arrive parfois qu’ils soient à l’origine de grandes catastrophes. En effet, un golem suivra toujours rigoureusement les ordres qui lui ont été donnés, peu importe leurs conséquences.

Certaines légendes nous expliquent ainsi comme telle créature qui devait apporter de l’eau dans un cuisine causa un inondation dans la pièce, tandis que telle autre ayant reçu l’ordre de partir pêcher vida un lac entier de son poisson !

Eh oui, comme nous l’apprendre la tradition juive, la vie créée par un homme est toujours inférieur à celle créée par Dieu. Le golem est ainsi incapable de parler et ne possède aucune libre arbitre.

Si le Judaïsme et ses mystères vous intéresse, continuez donc cette lecture…

Vous pouvez également jeter un coup d’œil à notre collection dédiée à la religion judaïque.

Dans le même esprit, celle-ci dédiée à la magie, à la sorcellerie et a l’ésotérisme pourrait vous plaire étant donné son lien avec les forces qui animent les golems.

Bref, continuons. 

 

 

Une menorah, un mezuzah et un collier porte-bonheur avec l'étoile de David

Comment donner vie à un golem ?

La façon de donner vie au golem dépendra en fait beaucoup des légendes qui vont les raconteront. La première étape consiste toujours à la construction de la créature. Lorsque vient le moment de la rendre animée, la question se complique alors.

Certaines traditions nous enseignent qu’insuffler la vie à un golem est un processus divin que seuls les rabbins les plus proches de Dieu peuvent réaliser. Concrètement, seul les plus saints, les plus sages et les plus pieux des Juifs pourraient créer des golems.

D’autres histoires nous disent qu’il suffirait simplement de connaitre les bonnes formules magiques, contenues dans la Kabbale. Selon cette version, n’importe qui ayant accès à ces connaissances ésotériques pourraient fabriquer, puis animer un golem.

Dans la pratique toutefois, l’animation d’un golem impliquera souvent l’utilisation de noms de Dieu (ou Yahvé, ou Adonaï, ou Elohim en Hébreu) écrits sur des bouts de papier ou sur des tablettes d’argiles, qui sont alors placés sur le front du golem. Par le divin et le sacré qui entourent ces noms, le golem obtient ainsi la vie.

C’est assez pratique mais du coup, il suffit simplement de retirer ces parchemins lorsque nous voulons « désactiver » un golem.

 

 

Dessin du rabbin Loew et du golem de Prague.

La légende du golem de Prague

Parmi toutes les histoires qui touchent à notre créature, la légende du golem de Prague est très clairement la plus populaire.

Elle nous racontent comme un rabbin de la ville, connu sous le nom de rabbi Yehudah Loew mais surnommé « le Maharal », parvint à sauver la communauté juive de persécutions qui leur pendaient au nez.

C’est ainsi il y a plus de 500 ans que cet homme mystérieux parvint apparemment à animer un golem…

 

La persécution des Juifs de Prague

Vers la fin du 16ème siècle, la ville de Prague vivait de grandes atrocités : régulièrement, des enfants disparaissaient pour être retrouvés morts quelques jours plus tard.

Tous les hommes de la ville voulaient bien entendu trouver le ou les coupable(s) de ces crimes odieux. Une réponse leur fut apportée par un prêtre de la région nommée Taddeus : selon lui, c’était les Juifs qui étaient à l’origine de ces enlèvements.

Plus précisément, il les accusa de capturer les malheureux afin de récupérer leur sang qu’ils auraient utilisés au cours de sombres rituels.

Sentant la colère de la population et redoutant un massacre, le Maharal pria toute la nuit afin de demander conseil à Dieu. Il reçut une vision en guise de réponse. Dans cette vision, il lui fut révéler une phrase simple : «Tu créeras un golem, une chose d'argile et qui détruira tes ennemis ».

 

La construction du golem

Le rabbin partit alors au bord d’une rivière avec quelques disciples afin de construire un géant d’argile. La créature devait faire 4 ou 5 mètres de hauts et peser plusieurs centaines de kilos.

Lorsqu’ils eurent finit la confection du golem, le Maharal et ses élèves se mirent alors à tourner autour de lui, tout en récitant des formules magiques de la Kabbale.

Après avoir tourné sept fois, le golem se mit à bouger, comme si un soubresaut de vie venait de rentrer en lui. Le rabbin s’approcha alors de sa création et lui grava le mot « emet » sur le front, qui signifie « vérité » en Hébreu. Il lui plaça également un shem, un parchemin sacré dans la bouche.

Son travail était ainsi fini, la créature se leva et le regarda droit dans les yeux.

 

Un serviteur et protecteur pour la communauté

Le golem avait l’apparence d’un homme vigoureux d’une trentaine d’année, à cela près qu’il mesurait un taille exceptionnelle. Sa force aussi était monstrueuse, la bête étant capable de soulever d’énormes rocher à bout de bras.

Malgré ses caractéristiques effrayantes, le golem n’était pas un monstre. Il n’avait ni désirs ni pensées propres, oui, mais était moralement intègre dans le sens où il ne tenterait jamais de faire de mal par lui-même. En fait, il faisait exactement ce qu’on lui disait de faire, et ce jusqu’à ce qu’on lui dise d’arrêter.

Bref, le rabbin Yehudah Loew le nomma Joseph, et lui offrit un talisman magique qui le rendrait invisible.

Il lui donna en plus une mission assez particulière : suivre toute personne qu’il verrait transporter un gros colis dans les rues du quartier juif de Prague, et immédiatement prévenir son créateur si cela arrivait.

C’est ainsi qu’une nuit, le golem surprit le prêtre Taddeus apporter une étrange paquet. Il alla donc prévenir le Maharal qui vint confronter le prêtre.

 

La vérité qui éclate au grand jour

Taddeus était en fait venu déposer le corps d’un enfant, voulant accuser les Juifs des crimes dont il était l’auteur. Sans trop de difficultés, le golem sut maitriser le coupable, l’attacher et le livré aux autorités de la ville.

L’honneur des Juifs de Prague était ainsi lavé et plus aucunes persécutions n’étaient à l’ordre du jour.

Le golem ayant rempli sa mission, le rabbin décidât de la désactiver. Cela ne lui prit que quelques instants : il retira une lettre du mot « emet », qu’il avait auparavant gravé sur son front, pour en faire le mot « met », qui se traduit par « mort » en Hébreu. Il retira également le shem de bouche.

Le corps du golem s’arrêta ainsi de bouger, comme endormi, et il fut transporté jusqu’à un des sous-sols de la synagogue de Prague.

La légende raconte qu’il s’y trouve encore et qu’il suffira de changer à nouveau le mot sur son front pour que le golem puisse un jour reprendre du service.

 

 

Rabbin qui étudie la Torah et la Kabbale dans une synagogue.

Des origines plus anciennes encore !

La légende juive que nous vous avons racontée est la plus répandue, mais il en existe bien d’autres. En réalité, de nombreux contes médiévaux font allusion au golem, et tout un tas de légendes assez semblables à celle-ci ont émergées dans les communautés juives du 16ème siècle.

Cette période n’est pas anodine. Elle correspond en effet à celle d’une persécution accrue à l’égard des Juifs par le Christianisme triomphant propre à la Renaissance.

Même si la plupart des légendes de golem sont apparues au 16ème siècle donc, l’image de cette créature est bien plus profondément marquée dans la tradition judaïque.

Les juifs hassidiques par exemple le relient à la Kabbale, et donc à une mystique vielle de plusieurs millénaires. Peut-être êtes-vous déjà au fait de ce qu’est la Kabbale. Si toutefois ce n’est pas le cas, voici une bonne description que nous en fait le site chabad.org.

Les ésotéristes parlent souvent du Sefer Yetzira, un texte kabbalistique majeur, qui traite du processus de création de l’univers et de la vie… et où se trouveraient de nombreuses références au concept de golem.

D’une manière plus officielle, le terme de golem apparait une fois dans la Torah (et donc dans la Bible), au moment de la création de l’homme.

Après avoir fabriqué la terre, Dieu créa Adam à partir de boue et d’argile. Une fois le premier homme construit, il lui apporta un souffle de vie, un souffle d’âme pour le rendre véritablement humain.

Nous pouvons d’ailleurs trouver cet extrait dans Psaumes 139 : « Quand je n'étais qu'une masse informe, tes yeux me voyaient […] »

Dans le texte original écrit en Hébreu, le terme de « masse informe » donne tout simplement « golem »

 

 

Une menorah, un mezuzah et un collier porte-bonheur avec l'étoile de David

La symbolique derrière le golem juif

À l'instar de l'argile amorphe dont il est généralement formé, le golem est une métaphore hautement mutable dont les interprétations n’ont pour limite que notre imagination.

De nombreux éléments de cette histoire ont marqué les esprits. Nous pouvons par exemple parler du rabbi Loew (dont voici une biographie par Wikipédia) ou encore de la persécutions des Juifs au Moyen-Âge (dont voilà quelques mots par nationalgeographic.fr).

Ici, nous allons toutefois nous limiter à la symbolique du golem… ce qui n’est déjà pas une mince affaire !

Sa symbolique et ses interprétations sont donc très nombreuses, et les quatre de nous allons maintenant vous présenter ont été choisies avec notre subjectivité et nos propres biais.

 

Une cristallisation de l’antisémitisme

Dans à peu près toutes les légendes qui nous en parlent, les golems sont créés par les Juifs dans des moments de crises, lorsqu’ils sont en danger et que leur vie est menacé.

Comme nous vous l’avons dit plus tôt, la plupart des histoires sont apparues à un moment où l’antisémitisme était en hausse en Europe et où de nombreuses tensions religieuses se créaient un peu partout.

La légende que nous vous avons présentée est ainsi un parfait exemple de comment la figure du golem peut cristalliser la lutte contre l’antisémitisme.

 

Des enseignements sur le sacré de la vie

Nous l’avons aussi évoqué lorsqu’il était question de la description du golem et, en particulier, de la façon de lui donner vie : le souffle qui se trouve en lui n’est qu’une pâle imitation de celle que peut apporter Dieu.

Tout un tas d’histoires nous décrivent en plus comment des golems mal créés peuvent devenir dangereux pour leur maitre ou comment il peut être compliqué de les désactiver.

L’image du golem peut ainsi nous rappeler que seul Dieu a la capacité d’apporter l’essence de vie véritable, l’âme et le libre arbitre… et surtout que les êtres humains ne devraient pas chercher à imiter ce pouvoir.

 

Le physique vs l’esprit

La plupart des mots hébreux peuvent avoir plusieurs interprétations. Golem signifie ainsi « masse informe », mais également « muet » ou « impuissant ».

Cela peut sembler étonnant au vu de la puissance physique indéniable dont font preuve ces géants. En fait, nous pouvons y voir une caractéristique de la culture juive.

L’intelligence y est en effet bien plus valorisée que la simple puissance physique. Le golem n’en possédant aucune, il est vu comme une créature faible, dont la puissance de destruction pure est à opposer à celle de création des rabbins qui l’ont fabriqué.

Cela dit en passant, il semblerait que certains kabbalistes voient même la création d’un golem comme la preuve de l’intelligence, de la connexion au sacré et des connaissances mystiques d’un adepte.

 

Le golem et l’intelligence artificielle

Un parallèle intéressant peut être établi entre la figure du golem et le phénomène assez récent de l’intelligence artificielle.

Dans les légendes, le golem est une sorte de machine capable de réaliser les tâches qu’ont lui demande, mais qui ne possèdent pas de volonté propre.

En ce sens, ce monstre pourrait représenter le première intelligence artificielle que conceptualisa l’humanité.

Comme les IA modernes, un golem pourra trouver les solutions les plus adaptés pour réaliser sa tâche, avec découverte et apprentissage, mais ne décidera jamais du but final.

Lorsqu’en plus nous apprennent de certaines histoires que des golems ont pu se détourner de leur rôle premier, s’entêtant dans des consignes mal formulées qui peuvent mettre en danger leurs créateurs, cela nous laisse à réfléchir.

 

 

Dessin du monstre de Frankenstein.

D’autres créatures mythologiques parallèles au golem

Le golem est ainsi un créature de la mythologie juive, et sans doute la plus connue d’ailleurs.

De nombreuses autres traditions ont toutefois pu nous en présenter d’autres assez comparables. Nous allons justement maintenant vous parler de deux d’entre elles : le monstre de Frankenstein et l’homunculus.

 

Le golem et le créature de Frankenstein

« Frankenstein, ou le Prométhée moderne » est un des plus grands romans de science-fiction de tous les temps.

Écrit en 1818 par Mary Wollstonecraft Shelley, son histoire présente de nombreuses similarités avec celle du golem. Au niveau de leur apparence par exemple, les deux créatures sont des sortes d’humanoïdes géants et à la force titanesques.

Il existe toutefois de nombreuses différences entre les deux personnages, la principale étant sans doute la philosophie derrière leur création : alors que le docteur Frankenstein est un savant athée cherchant à créer la vie à travers ses expérimentations scientifiques, les rabbins ont une vision plus religieuse et sacrée de leurs créations.

 

Le golem et l’homunculus

Le terme homunculus (parfois aussi appelée homoncule) décrit une sorte d’humain artificiel qui pourrait être crée à la suite de processus alchimique.

La figure de l’homunculus est très présente dans la gnose et l’ésotérisme européen, et de grands penseurs comme Paracelse ont ainsi pu lui dédier certains travaux.

Bref, le golem et l’homunculus présentent de nombreux points communs. Nous parlons en effet de deux créatures à l’aspect d’hommes construits en opposition à ce que la loi naturelle enseigne.

Là encore, il existe évidemment des différences notables, comme par exemple le matériau à la base de ces créatures (l’homunculus est issu de racine de mandragore subissant plusieurs opérations, tandis que le golem est fait d’argile), leur caractère fixe (l’homunculus peut continuer à grandir après sa création, pas le golem) ou encore leur caractère juste (l’homunculus peut faire le bien et le mal, le golem lui se contentera de suivre des ordres).

 

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