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Le thangka tibétain, un grand outil de méditation bouddhiste | Cyril Gendarme

Le thangka tibétain, un grand outil de méditation bouddhiste

Nous désignons par le terme « thangka » les peintures tibétaines faites à partir de pigments minéraux posés sur des toiles de coton ou de soie.

Si nous vous en parlons aujourd’hui, c’est tout simplement car le thangka tibétain est l’un des principaux outils de méditation dans le Bouddhisme.

 

Table des matières :

 

 

Jeune tibétain peignant un thangka sur une toile de coton.

Mais en fait, c’est quoi un « thangka » ?

En Tibétain, « thangka » signifie littéralement « message qui est enregistré ».

Cela nous montre déjà le but premier de ces toiles : faire passer des messages aux hommes.

Eh oui, les thangkas sont bien souvent conçus dans le but de communiquer avec le pratiquant qui le regardera ou qui, mieux encore, méditera dessus.

Il faut savoir qu’historiquement, ce type de peinture tibétaine était créé par les moines pour transmettre les enseignements de la philosophie bouddhistes à la population.

Au fil du temps, certains se sont aussi rendu compte qu’il existait des motifs et symboles (sans doute plus sacrés que les autres) qui apportaient certaines bénédictions à ceux qui les regardaient.

Certains thangkas tibétains sont, en ce sens, de véritables peintures porte-bonheurs !

Ces symboles oh combien particuliers ont la chance d’être très divers, ce qui permet de créer des toiles pour tous, et pour tous les goûts.

Concrètement, que vous préfériez une figure traditionnelle du Bouddha en pleine méditation, des dessins tibétains millénaires ou, au contraire, d’autres plus contemporains, vous trouverez un thangka fait pour vous.

Une chose toutefois restera constante : la volonté de transmettre l’histoire et les principes bouddhistes.

Comme nous vous l’avons dit, ces œuvres sont créées par des moines pratiquant le Bouddhisme Vajrayana. Nous parlons donc bien ici d’œuvres d’art religieuses.

Mythes et légendes bouddhistes immémoriales, représentation des Bouddhas (car, oui, il y en a bien plusieurs), dieux ou démons de la mythologie asiatique : tout cela sent bon le voyage… et nous fait justement voyager !

 

 

Un drapeau tibétain, un moulin à prière et un phurba servant à des cérémonies et rituels bouddhistes

Histoire et origine

Personne ne sait précisément d'où et quand sont nés les thangkas tibétains.

Les historiens s’accordent toutefois pour dire qu’ils seraient apparus au Tibet (ça, vous pouviez vous en douter), au cours de la période Tubo (vers le 7ᵉ siècle).

En combinant les techniques de la peinture chinoise sur rouleau, du tissage de la soie et de la peinture traditionnelle népalaise, certaines communautés de moines ont ainsi pu créer un art tout simplement exceptionnel.

Pour l’anecdote, c’est quand le roi Songtsen Gampo (sur lequel vous trouverez plus d’informations ici) se maria à une princesse du Népal connu sous le nom de Chizun et à une autre venant de Chine (oui, la polygamie était courante dans l’Himalaya à cette époque) que les liens entre ces trois cultures s’unirent véritablement.

Chacune des deux princesses vint en fait à la cour du roi avec des écrits, des savoirs, des sages et toute une cour de serviteurs qui, échangeant ensemble, firent la richesse du Tibet pour plusieurs siècles.

Comme quoi, l’histoire du thangka est aussi celle de la science, des échanges entre cultures et de la circulation des savoirs !

Bref, nous savons maintenant ce qui a pu permettre au thangka de naitre… mais dans le fond, pourquoi cette forme de toile et pas une autre ?

La réponse à cela se trouve encore une fois dans l’histoire du Tibet.

À cette époque (au 7ᵉ siècle donc), seuls quelques moines étaient lettrés et, outre la transmission orale, il manquait de moyen pour transmettre les principes et enseignement bouddhistes à la population.

Il fallut donc trouver une façon visuelle mais surtout transportable de communiquer avec la maximum de personnes. Pour cela, des peintures sur des rouleaux légers et facilement enroulables étaient idéaux.

Toutefois, le transport avait tendance à abimer les peintures et à effacer les pigments les plus légers. Il fallait donc utiliser des couleurs intenses faites pour durer.

Vous l’aurez compris : la tradition du thangka était née.

Au cours des siècles qui suivirent (et notamment la période de la dynastie Ming), cet art traditionnel se développa et conquis le Tibet entier, puis les pays voisins, allant même jusqu’au palais de l’empereur chinois !

 

 

Mains d'un moine tibétain en pleine méditation bouddhiste.

Le Thangka comme outil de méditation

Les Thangkas débordent de symbolisme et de messages religieux plus ou moins cachés.

De prime abord, nous pourrions nous dire que ces peintures servent (comme c’est le cas historiquement)  à enseigner la vie du Bouddha, à décrire certains événements historiques ou à transmettre la tradition et les mythes bouddhistes de la région… et c’est bien le cas.

Les thangkas tibétains possèdent toutefois d’autres capacités étonnantes à côté desquelles il serait stupide passer.

Ces toiles sont en fait utilisées pour leur caractère mystique dans tout un tas de rituels, de cérémonies, et de prières rituelles.

De manière plus proche de nous, il est également possible de méditer sur les thangkas (pas en étant assis dessus, vous nous aurez compris). Ceux qui s’y sont essayés ont parlé de plus grandes facilités à entrer dans des états de transe, un sentiment d’avancée vers l’illumination et d’une plus grande harmonie avec le message du Bouddha.

Sachez également que les bouddhistes moines tibétains pensent que la méditation accompagnée de thangkas améliore le karma et les mérites.

Selon cette idée, les peintures dont nous parlons nous aiderions donc de manière beaucoup plus concrète, presque physique en réalité, que ce que nous pourrions penser…

Intéressant.

Bref, tout cela est en fait rendu possible par le respect de règles et de codes très stricts.

Parce que la création de thangka est avant tout un acte religieux, tout ce qui se trouve dessus (personnages, symboles et même simples formes) doivent être conformes aux traditions bouddhistes tibétaines.

Il existe même de véritable « guide des thangkas » que doivent suivre les moines et qui leur décrivent précisément les bonnes façons de procéder.

Prenez par exemple ce thangka du Bhaishajyaguru, ou celui-ci censé représenté le même personnage.

Ils possèdent des symboles différents, et les effets qu’ils auront sur ceux qui se plongeront dedans diffèreront également. Pourtant, leur but restera le même : nous apporter les bénédictions propres à une figure du Bouddhisme.

 

 

Un thangka tibétain avec le Bouddha, un étendard français et de des drapeaux à prière

Différents types de thangkas tibétains

Vous l’aurez compris : les thangkas constituent une forme d’art très ancienne et, surtout, qui fut très populaire en Asie.

Tout cela amena à de nombreuses variantes et à des peintures parfois très différentes les unes des autres.

À ce titre, nous aimerions soulever deux points en particulier.

Différentes tailles

Eh oui, bien que les thangkas traditionnels fassent tous plus ou moins la même taille (de 40 à 80 cm de longueur environ), il existe aujourd’hui des modèles beaucoup plus variés.

Nous pouvons par exemple trouver des thangkas beaucoup, beaucoup (mais alors beaucoup) plus grands.

Nous parlons ici de peintures de plus de 20 m de large et d’un bon centimètre d’épaisseur.

Absolument magnifiques, ces « thangkas parmi les thangkas » ne sont sortis que pour les fêtes les plus importantes. Jetez par exemple un coup d’œil à cet article d’un journal belge qui parle d’une impressionnante toile dévoilée pour le nouvel an au Tibet.

Lorsque nous réfléchissons bien, ces peintures gigantesques ont sans doute perdu leur but premier, à savoir d’être facilement transportable dans la montagne.

Il n’en reste pas moins qu’ils aient conservé leur caractère sacré et religieux.

Des matières diverses et variées

Nous l’avons vaguement évoqué au début de l’article : les thangkas sont généralement fabriqués à partir de soie ou de coton.

Forcément, vu la fragilité et la rareté de ces deux matériaux, l’un sera destiné aux thangkas « tout public » tandis que l’autre sera réservé aux moines, aux nobles, aux riches marchands… bref, à une petite caste.

Outre le matériau, nous pouvons également classer le thangka tibétain en deux catégories de qualité bien distinctes : les thangkas peints et les thangkas brodés.

Alors que les premiers sont peints de la même façon que les tableaux que nous avons l’habitude de voir, les seconds voient d’abord leurs fils colorés par les pigments pour qu’ensuite seulement, ils soient tissés pour former la toile.

Concrètement, cette seconde technique demande beaucoup plus de technique, de temps… et donc d’argent.

 

 

Porte-bonheurs présentés dans cet article :

Bannière promotionnelle présentant une thangka tibétain sacré.

Bannière avec un drapeau tibétain porte-bonheur.