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Tristan et Iseult : légende médiévale et amour courtois | Cyril Gendarme

Tristan et Iseult : légende médiévale et amour courtois

Tristan et Iseult forment l’un des couples les plus célèbres de la littérature médiévale. Leur histoire, racontée depuis des siècles, nous conte une épopée chevaleresque faite d’amour, de trahison et de tragédie.

La légende de Tristan et Iseult marqua à tout jamais l’imaginaire européen et constitua l’une des bases de la culture médiévale, notamment en lui apportant une vision nouvelle sur l’amour et les sentiments.

En nous narrant l’histoire d’un triangle amoureux interdit, la légende que nous allons découvrir ensemble nous en apprend en réalité plus sur la nature humaine que ce que nous pourrions penser.

 

Table des matières :

 

 

Couple habillé selon un style médiéval.

Résumé de l’histoire de Tristan et d’Iseult

Il y a bien longtemps de cela, un chevalier du nom de Tristan vivait dans le royaume de Cornouailles.

Le jeune homme était en fait le neveu du roi Marc, le souverain de ces terres.

Dès son plus jeune âge, il avait su se démarquer par sa bravoure, son honneur et ses compétences au combat.

En bref, Tristan avait tout pour être le chevalier modèle, beau, droit et servant les plus faibles que lui.

Un premier combat qui laissa des traces

Un jour, le roi d’Irlande envoya une brute du nom de Morholt demander un tribut au royaume de Cornouailles.

Ne voulant pas se laisser soumettre, le roi Marc décida d’envoyer Tristan combattre la brute en combat singulier.

Le combat fut intense mais bref et, rapidement, Tristan réussit à vaincre Morholt, laissant un morceau de son épée brisée dans le corps de son ennemi.

Sans qu’on ne sache trop pourquoi, personne ne vit l’éclat de métal, qui resta dans le corps du colosse alors qu’il était transporté en Irlande pour être enterré.

Loin d’avoir été inégal, le combat laissa une blessure à Tristan, blessure qui, même après plusieurs mois, ne voulait pas guérir.

Rencontre d’une bien étrange guérisseuse

Cherchant partout un moyen de se soigner, le jeune homme entendit parler d’une guérisseuse d’un nom d’Iseult qui vivait alors en terre d’Irlande.

Réputée capable de guérir n’importe quel maux, de soigner n’importe quelle blessure et de chasser n’importe quelle maladie, les exploits de cette magicienne avaient déjà fait grands bruits dans les cours des royaumes environnants.

Tristan se rendit ainsi sur place et, en effet, fut guéri de sa blessure, sans même qu’il ne lui reste la moindre cicatrice.

À son retour en Cornouailles, il fit l’éloge de la jeune Iseult d’une manière si formidable, si grandiose, que le roi marc décida de la prendre pour épouse.

La seconde mission de Tristan en Irlande

Toujours obéissant, Tristan retourna en Irlande pour transmettre la demande de son oncle.

Une fois arrivé dans le village en question, Tristan découvrit qu’un terrible dragon terrorisait alors la région.

Au cours d’un combat épique, le chevalier parvint à venir à bout de la bête.

Toutefois, une fois encore, il fut blessé, cette fois ci non par un homme mais par un monstre.

Sans trop de surprise, ce fut Iseult qui fut désignée pour le soigner.

En arrivant sur les lieux du combat, elle tomba toutefois sur un élément qui allait changer le cours de leur destin : là, elle vit une épée brisée, cette même épée dont elle avait autrefois retrouvé un fragment dans le corps de son propre oncle…

Eh oui, Morholt la brute était bel et bien l’oncle d’Iseult.

Au début, la guérisseuse voulut venger la mort de son oncle. Cependant, vu les exploits héroïques du chevalier qui, doit-on le rappeler, venait de libérer son peuple du joug d’un dragon, elle décida de lui pardonner et accepta de partir épouser le roi Marc.

La naissance des sentiments

Si Iseult avait autour de pouvoir, c’était son doute par sa lignée : depuis des générations en effet, les femmes de sa famille possédaient des pouvoirs magiques.

Sa mère ainsi, apprenant que sa fille allait se marier, concocta un filtre d’amour, une sorte de potion qui, bue par deux personnes, les feraient s’aimer pour l’éternité.

Curieux de savoir ce qu’était cet étrange breuvage qui leur avait été transmis, Tristan et Iseult le goutèrent ensemble sur leur chemin de retour vers la Cornouailles.

Ils tombèrent aussitôt amoureux et lièrent ainsi leur destin à tout jamais.

Malgré un mari attentif en la personne du roi Marc, Iseult ne pouvait s’empêcher de penser à Tristan, et lui, de penser à sa belle.

Même s’ils essayèrent de garder leur passion secrète quelque temps, cela finit par se savoir et, face à la colère de son oncle, Tristan n’eut d’autres choix que de quitter le royaume.

La tentative d’une nouvelle vie

Le jeune homme partit alors s’installer en Bretagne pour recommencer une nouvelle vie, espérant un jour pouvoir oublier la belle Iseult.

Après quelques temps, il rencontra une autre femme, elle aussi prénommée Iseult, avec laquelle il se maria et fonda un foyer.

Ils vécurent tous ainsi plusieurs années de bonheur, Tristan avec sa femme et Iseult avec le roi, sans toutefois ne pouvoir effacer complètement l’être aimé de leur esprit.

Un jour, alors qui reçut une blessure plus grave qu’à l’accoutumée au cours d’un combat, Tristan tomba gravement malade.

Malgré tous ses efforts, sa femme ne put trouver aucun remède.

C’est alors qu’il lui parla des pouvoirs de guérison miraculeux d’une jeune femme habitant le royaume de Cornouailles.

Un bateau fut alors envoyé avec une mission simple : ramenez Iseult en Bretagne. Pour ne prendre aucun temps, il fut convenu que, si la magicienne avait accepté de venir, les marins devraient hisser une voile blanche. Si par contre elle avait refusée, la voile devrait être noire.

Un destin tragique jusqu’au bout

Peu de temps après, le navire revint et, comme nous pouvons nous en douter vu les sentiments qui animent ces deux âmes, Iseult avait accepté de venir en aide à l’élu de son cœur.

L’épouse de Tristan, toutefois, en entendant son mari parler de la guérisseuse, avait compris les sentiments qu’il nourrissait pour elle.

Jalouse, elle décida de mentir à son homme alors alité en incapable de se lever pour venir voir la couleur des voiles.

Désespéré de tristesse, et croyant que sa bien-aimée l’avait abandonné, Tristan mourut de maladie et de chagrin en l’espace de quelques instants.

Quand Iseult apprit sa mort, elle succomba à son tour de mélancolie.

Les deux amoureux au destin tragique furent alors ramenés en Cornouailles pour être enterrés côte-à-côte au sommet d’une montagne.

De la tombe de Tristan poussa une vigne. De celle d’Iseult, un rosier.

L’on raconte que les deux plantes grandissent encore enroulée l’une à l’autre et que, si vous essayer de les couper, elles repousseront quoi qu’il arrive.

 

 

Plusieurs vieux livres sur l'étagère d'une bibliothèque, chacun contenant une version différente de la légende de Tristan et d'Iseult.

Attention, il existe plusieurs versions !

La légende de Tristan et Iseult nous conte ainsi l'histoire tragique de deux amants destinés à partager un amour interdit, mais éternel.

La plupart des historiens pensent que cette épopée serait née en Bretagne.

Cette légende médiévale est très ancienne et, à ce titre, a vu plusieurs versions être créées, certaines étant parfois bien différentes les unes des autres.

En fait, le nom même de deux amants maudits peut varier. Certaines histoires nous parlent ainsi plutôt d’Isolde, et non d’Iseult.

Bref, il existe deux traditions principales quant à la légende de Tristan et d’Iseult.

La première découle du travail des deux poètes français de la seconde moitié du XIIe siècle : Thomas d’Angleterre et Béroul.

Leurs récits étant considéré comme les plus proches de la légende originelle, la plupart des ouvrages modernes qui racontent l’histoire de nos amoureux consistent souvent en une recompilation d’extraits des œuvres de ces deux auteurs.

La seconde tradition consiste elle en une réécriture complète en prose de l’œuvre originale datant de la moitié du 13ème siècle.

Cette version met beaucoup plus l’accent sur le caractère héroïque de Tristan, la passion des sentiments qui animent les deux tourtereaux et tout ce qu’il y a de tragique dans leurs destins.

Avec le temps, cette seconde version fut associée aux légendes arthuriennes, faisant même de Tristan l’un des chevaliers de la table ronde.

Le roman en prose, style également connu sous le nom de « chanson de geste », fut si populaire qu’à la fin du Moyen-Âge, il avait complètement occulté l’œuvre originale.

En fait le récit de Tristan et Iseult est devenu si populaire qu’aujourd’hui encore, de nombreux spécialistes le considèrent comme l’une des œuvres les plus emblématiques de la période médiévale.

 

 

Un ancien Franc avec le figure de Marianne, une chevalière à la croix de Lorraine et un drapeau de la France médiévale

Un récit qui marqua l’imaginaire médiéval

L'histoire de Tristan et Iseult marqua définitivement l’imaginaire médiéval comme peu d’autres récits en leur temps.

Antérieure aux aventures du roi Arthur et des chevaliers de la table ronde, certains considèrent même cette légende comme une source d’inspiration majeure qui influença l’épopée de la quête du Graal.

En fait, la légende de Tristan et d’Iseult a vraisemblablement influencé l’entièreté des œuvres qui l’auront suivi tout un long du Moyen-Âge, tellement cette histoire changea les esprits de l’époque.

En particulier, la légende de Tristan et Iseult marqua le début d’un concept qui allait changer le visage l’Europe à jamais : l’amour courtois.

L’amour courtois, ou fin'amor en langue occitane, est une expression désignant la façon d'aimer avec courtoisie, respect et honnêteté, sa ou son partenaire, qui se développa au cours du Moyen-Âge.

Même si cela peut nous sembler acquis, presque instinctif, ce n’était pas du tout le cas à l’époque et, à ce titre, la légende de Tristan et d’Iseult signât un tournant dans l’histoire des sentiments.

Grâce à des auteurs emblématiques du Moyen-âge comme Guillaume d’Aquitaine  ou encore le fameux Chrétien de Troyes, mais aussi avec l’appui de riches mécènes, un véritable art de vivre à la française va ainsi se développer, mettant en avant la beauté des sentiment mais aussi celle de l’importance de la chevalerie, et de la courtoise.

 

 

Vieux grimoire poussiéreux, symbole de la version originale perdue.

Un mystère à jamais perdu

Il y a une chose qui anime les passions des historiens au sujet de notre légende : le texte orignal semble avoir disparu.

Selon certaines sources, ce texte aurait été bien différent des versions que nous connaissons, que nous parlions de celles de Thomas d’Angleterre, de Béroul ou celle en prose.

Il aurait en effet contenu des passages plus violents, sinistres, allant parfois même jusqu’au grossier.

Lorsque nous voyons la beauté de la légende qui nous est parvenue, nous ne pouvons qu’en rester pantois.

Ces hypothèses ne découlent toutefois que de supposition, l’œuvre originale étant à jamais perdue.

À côté de cela, certains médiévistes ont réussis à retracer un chronologie précise de l’histoire, arrivant jusqu’à un ancien seigneur picte connu sous le nom de Drust.

Vivant dans les Highlands, une région d’Écosse, vers la fin du 8ème siècle, la vie de Drust présente d’étrange similarité avec celle de Tristan.

Ce chef celte sauva en effet une princesse réputée pour ses talents de guérison des mains de pirates, et repoussa une invasion de tribus irlandaises venues lui réclamer un tribut.

Ce lien possible entre Tristan, personnage légendaire et héroïque, et un autre historique, est tout à fait passionnant et ne peut que nous laisser rêveur.

 

 

Pour aller plus loin

Si les histoires d’amour et de romantisme en général vous parlent, il ne fait pas de doute que vous apprécierez quelques porte-bonheurs liés aux sentiments les plus nobles.

En voici quelques exemples :

 

Voici en outre quelques ressources liés à la légende de Tristan et d’Iseult :

 

 

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